Salon inter-clubs 2019 (06 et 07 Avril)

Le 20ème salon photographique de Villiers sur Orge s’est tenu les 06 et 07 Avril 2019 .

Les thèmes proposés étaient :

  • Visages (couleur)
  • Contre-jour (N-B)

L’exposition était ouverte comme chaque année à l’ensemble des clubs du CDP91 (comité départemental de la photographie de l’Essonne)

Une très bonne participation a été relevée avec:

  • 16 clubs participants (dont le club de Villiers La Focale91) sur 22 clubs affiliés au CDP91
  • 105 photographes présentant des photos
  • 243 photos présentées dont
    • 153  photos pour la couleur
    • 90 photos en N-B

L’exposition a recueilli un bon succès populaire avec plus de 200 visiteurs sur les 2  jours. Nous remercions tous les visiteurs qui se sont déplacés pour nous rendre visite.

 

Palmarès

  • Prix de la Ville
    • Couleur :   « La fumeuse » de Tania COHEN (Objectif images de Viry-Châtillon) 
    • N-B  : « Le lavoir » de Jacques MONTAUFIER (Photo club de Paris – Val-de-Bièvre)
  • Prix du Conseil Départemental
    • Couleur :   « Visage de bronze » de Colette BOUCAND (Photo club longipontain)
    •  N-B  :   « Sur les quais »   de Mireille DUBOS (Photo club de Champlan)
  • Prix de Coeur Essonne Agglomération
    • Couleur : « Tatiana »  d’Alexandra LAVERNHE (Objectif images de Viry-Châtillon )
    •  N-B   : « Le grand Prismatic » de Jean Pierre Coston (Espace photo de SGDB et Morsang-sur-Orge)
  • Prix du public 
    • Couleur :   « Maquillage » de Cacilda FERREIRA (CISBA – Ballancourt)
    • NB :  « Attente solaire » de Patricia AUDIGIER (CISBA -Ballancourt)
  • Prix du jury  Couleur :
    •  1er prix  : « Les marques du temps » de Claude FLOROT (Objectif photo de la MJC de SGDB)
    • 2ème prix : « Regard » de Béatrice MOLEY (Photo club de la Norville)
    • 3ème prix : « Mon autoportrait » de Justine COUTINHO (Noz’images)
  • Prix du jury N-B
    • 1er prix : « Meunier tu dors » de Christian BIOT (Déclic 91 de St-Michel-sur-Orge)
    • 2 ème prix : « Attente solaire » de Patricia AUDIGIER (CISBA – Ballancourt)
    • 3ème prix : « Enfant et brume d’eau » de Joëlle LECOARER (Photo club de la Norville)
  • Prix Daniel Séquinot de l’originalité 
    • Couleur :  « Rosie » de Françoise CHADELAS (Photo club de Paris – Val-de-Bièvre)
    • N-B : « Chambre d’antan » de Doriane Pétrisot (Déclic 91 de St-Michel-sur-Orge)

 

 

Nous vous donnons rendez-vous à l’automne prochain pour notre expo interne et au printemps 2020 pour une nouvelle expo inter-clubs

 

Salon inter-clubs 2019-2020 (16 et 17 Novembre 2019)

Affiche expo 11-2019

Le 21ème salon photographique de Villiers sur Orge s’est tenu les 16 et 17 Novembre 2019 .

Les thèmes proposés cette année étaient :

  • Terres sauvages (couleur)
  • Le vent (N-B)

L’exposition était ouverte comme chaque année à l’ensemble des clubs du CDP91 (comité départemental de la photographie de l’Essonne)

Une participation correcte (mais en baisse quand même par rapport aux années précédentes ) a été relevée

  • 14 clubs participants (dont le club de Villiers La Focale 91) sur 22 clubs affiliés au CDP91
  • 74 photographes présentant des photos
  • 210 photos présentées dont
    • 103  photos pour la couleur
    • 59 photos en N-B
    • 48 photos hors concours présentées par les membres de notre club

L’exposition a accueilli  plus de 140 visiteurs sur les 2  jours. Nous remercions toutes les personnes qui se sont déplacées pour nous rendre visite.

Palmarès

  • Prix de la Ville
    • Couleur :   « Perspective » de Gisèle LARDEAU (D’Clics AS Villebon)  
    • N-B  : « En avant toutes »   de Philippe LELOUP (Objectif images de Viry-Châtillon)
  • Prix du Conseil Départemental
    • Couleur :   « Canopée amazonienne » de Patrick GALLET (Saclay Visions)
    •  N-B  :   « Le vent »   de Claude SARTORE (Photo club Longipontain)
  • Prix de Coeur Essonne Agglomération
    • Couleur : « Printemps islandais »  de Gérard FILOCHE ( Club photo de Champlan)
    • NB : « La danse des serpentins »  de Patrick PARMENTIER ( Objectif photo de la MJC de SGDB)
  • Prix du public 
    • Couleur :   « Canopée amazonienne» de Patrick GALLET (Saclay Visions)
    • NB :  « Jeu d’en vent » de Jean DANET (Photo club Longipontain)
  • Prix du jury  Couleur :
    •  1er prix  : « Kirkjufell » de Gérard FILOCHE ( Club photo de Champlan)
    • 2ème prix : « Hautes terres » de Dominique GIORGETTI (Noz’images91)
    • 3ème prix : « Sol de Manana» de Robert WILLIAM (Saclay Visions)
  • Prix du jury N-B
    • 1er prix : « Jeu d’en vent » de Jean DANET (Photo club Longipontain)
    • 2 ème prix : « Envolée » de Mireille DUBOS ( Club photo de Champlan)
    • 3ème prix : « Chatelaillon » de Alain CERVONI (Club photo d’Orsay)
  • Prix Daniel Séquinot de l’originalité 
    • Couleur :  « Abandon » de Eric SOULIE (Espace photo SGDB)
    • N-B : « Sous le vent » de Jacques MONTAUFIER  (Photo club Paris Val de Bièvres)

Nous vous donnons rendez-vous au printemps prochain pour notre expo interne et à l’automne 2020 pour une nouvelle expo inter-clubs

 

Salon inter-club 2018 (24 et 25 Mars)

 

Affiche expo salon 2018

 

PARTICIPATION ET PALMARES 

  • 15 clubs représentés
  • 90 photographes
  • 250 photos (111 couleur + 139 NB)
  • 149 visiteurs

 

 PRIX DU JURY

  • Couleur 
    • 1er prix :  Patrick PARMENTIER (Objectif photo MJC – SGDB) : « Grand bleu »
    • 2e prix  :    Nathalie JAUDINOT (Photo club de Ballainvilliers) : « Au bout du chemin »
    • 3e prix  :    Sébastien TIXEUIL (Club photo d’Orsay) : « Tokyo »

Tokyo : photo absente

  • Noir et blanc 
    • 1er prix  : Jérôme TAVEL (L’Instant photo de Juvisy-sur-Orge) : « Dolmen »
    • 2e prix  : Alain CERVONI (Club photo d’Orsay) : « Lagatjar »
    • 3e prix :  Nathalie JAUDINOT (Photo club de Ballainvilliers) : « Lignes minérales »

PRIX DE L’ORIGINALITÉ

  • Couleur : Vanessa BAJART (Viry photo club) : « Nathanaël »
  • Noir et blanc : Danielle BRANDON (Photo club d’Arpajon) : « Le Tas »

PRIX DU PUBLIC

  • Couleur : Séverine FOGEL (Photo club longipontain) : « Parties de jambes à l’aurore »
  • Noir et blanc : Alain CERVONI (Club photo d’Orsay) : « Lagatjar »

PRIX DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL

  • Couleur : Claude SARTORE (Espace photo de SGDB) : « Toits parisiens »
  • Noir et blanc : Michel CHAUVIN (L’Instant photo de Juvisy-sur-Orge) : « Champs de pierres »

PRIX DE COEUR D’ESSONNE AGGLOMÉRATION

  • Couleur : Mireille DUBOS (Photo club de Champlan) : « À perte de vue »
  • Noir et blanc : Christian MIERZINSKI (Cisba de Ballancourt) : « La croix et la pierre »

A perte de vue

La croix et la pierre : Photo absente

PRIX DE LA VILLE

  • Couleur : Andrea CATTI (Photo club de la Norville ) : « Lampadaires »
  • Noir et blanc : Mireille DUBOS (Photo club de Champlan) : « En équilibre »

Exposition interne 2018 (03 et 04 Novembre)

Comme chaque année, la Focale 91 a tenu son exposition interne ayant pour thème cette année « Sur les murs ». L’exposition s’est tenue le week end du 3 et 4 Novembre.

Une centaine de visiteurs nous ont fait l’honneur de visiter notre expo malgré unweek end prolongé. Nous les en remercions chaleureusement.

Cette année encore il a été possible pour eux de voter pour leurs photos préférées.

Voici les résultats :

1er (Etienne JULIEN)

DSC_3181

 

 

 

 

 

 

 

2eme (Ex-aequo Marine DIEFENBRONN & Michel VENISSE)

DSC_3338            J11 - Santiago - Valparaiso - Santiago - Rues de Valparaiso (71)

4eme (Etienne JULIEN):

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5eme (Ex-aequo Marine DIEFENBRONN & Michel VENISSE)

   DSC_3436         Jour 10 4. Rapid City (13)

7eme (Marine DIEFENBRONN)

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Un grand merci aux exposants et au public qui ont permis de rendre possible cet évènement.

Salon inter-club 2017 (29 et 30 Avril)

Le 18e Salon d’art photographique de Villiers-sur-Orge s’est tenu les 29 et 30 avril 2017.

Notre invité d’honneur était Guy Perrin, de l’Espace photo de Sainte-Geneviève-des-Bois, qui a exposé 44 photographies en noir et blanc ayant pour thème : Paris…insolite…secret…oublié.

17 clubs essonniens étaient représentés à ce salon par 106 photographes qui ont proposé 301 photos.

154 photos en couleur pour le thème : Multitude/Accumulation.

103 photos en noir et blanc pour le thème : Sur le vif.

Pour sa part, la Focale 91 a exposé 44 photos.

180 personnes ont vu l’exposition.

Remise des prix

Palmarès :

Prix du Conseil départemental (couleur) : François VIGNAUD (Espace photo de Sainte-Geneviève-des-Bois)
VIGNAUD_03

Canettes en tous genres

Prix du Conseil départemental (noir et blanc) : Dominique GIORGETTI (Noz’images91)
DG Colere

Colère

Prix de Coeur d’Essonne Agglomération (couleur) : Anne-Christine EBEYER (Photo club d’Arpajon)
ebeyer

Rêves de filles

Prix de Coeur d’Essonne Agglomération (noir et blanc) : Balbina CARON (Photo club de Draveil)
zebra

Zèbras

Prix de la Ville (couleur) : Jean-Pierre COSTON (Espace photo de Sainte-Geneviève-des-Bois)
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Michael Jackson

Prix de la Ville (noir et blanc) : Jean FLAVIANO (Espace photo de Sainte-Geneviève-des-Bois)
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Ballet aquatique

Prix du Public (couleur) : Jean-Pierre COSTON (Espace photo de Sainte-Geneviève-des-Bois)

voir ci-dessus

Prix du Public (noir et blanc) : Patrick GALLET (Saclay Visions)

voir ci-dessous

1er prix du jury (couleur) : Éric SOULIÉ (Espace photo de Sainte-Geneviève-des-Bois)
SOULIE-ACC-04-S

Stock de pneus

2e prix du jury (couleur) : Patrick PARMENTIER (Objectif photo – MJC Sainte-Geneviève-des-Bois)
PP_expo multitude_retour du marché

Retour du marché

3e prix du jury (couleur) : Cora CHARLET (Club photo d’Orsay)
Venise 2012-352_focale91

Les pieds dans l’eau

1er prix du jury (noir et blanc) : Béatrice MOLEY (Photo club de la Norville)
moley

Équitation

2e prix du jury (noir et blanc) : Patrick GALLET (Saclay Visions)
3e prix du jury (noir et blanc) : Christelle LE DENN (Noz’images91)
L'indifférente
La duchesse de Montpensier : « l’indifférente »
Prix de l’originalité (couleur) : Francis CHOPARD (Photo club de Draveil)
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Mémoires

Prix de l’originalité (noir et blanc) : Fabien SIGUIER (Objectif photo – MJC Sainte-Geneviève-des-Bois)
Expo Villiers_Fabien Siguier_la vague

La vague

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est avec plaisir que nous vous présentons notre affiche pour le salon 2017 d’art photographique de Villiers-sur-Orge dont l’invité d’honneur sera Guy Perrin.

Affiche_VF_web

 

Venez nous rencontrer !

Exposition Athis-Mons 2017

La Focale 91 sera représentée par 3 de ses membres lors du concours organisé par Athis-Mons dans le cadre du CDP91.

Les thèmes pour ce concours sont :
Le « bokeh » en couleur et « Photo humaniste, hommage à Robert Doisneau » en noir et blanc.

L’exposition est visible Samedi 11 et Dimanche 12 Février de 14hà 18h à la salle Curie. (à droite de la mairie) – Place du Général de Gaulle, 91200 Athis-Mons

Venez nombreux 🙂

À TRAVERS LE TEMPS

Comme il n’existe pas encore à Villiers-sur-Orge d’association s’intéressant aux questions historiques en relation avec notre commune, les membres de la Focale 91 ont récemment modifié les statuts du photo-club local pour y intégrer ce volet.

Rappelons à cet égard, que les trois personnes qui ont écrit à ce jour sur Villiers, à savoir Bernard Auguin, Jean-Pierre Kolasinski et Jacques Peyrafitte, étaient membres de la Focale 91. Leurs ouvrages sont consultables à la médiathèque Jacques Prévert de Villiers-sur-Orge.

Notre ambition n’est pas de faire oeuvre d’historien, mais de donner à connaître à nos concitoyen.n.e.s, ou de leur rappeler, des événements du temps passé.

REGARDS SUR VILLIERS-SUR-ORGE (par Himalaya Caracena)

Malgré sa taille modeste, le village de Villiers-sur-Orge compta jadis plusieurs bâtiments remarquables, dont la « Maison rouge », sise au 37 de la rue Jean Jaurès.

Cette demeure, de style Louis XIII, fut acquise en 1813 par la famille Gay qui la revendit en 1827, tout en continuant, semble-t-il, de l’occuper pendant plusieurs années encore.

SOPHIE GAY (1776 – 1852)

Née à Paris le 1er juillet 1776, fille d’Augustin-François Nichault de La Valette, financier puis fonctionnaire des domaines nationaux, et d’Antoinette-Françoise Péretti, une femme d’une rare beauté, Marie-Françoise-Sophie fut élevée dans une pension aristocratique.

Elle monte à cheval et devient une écuyère accomplie ; elle joue au billard ; danse à la perfection ; elle apprend le chant, la composition, devient une excellente pianiste… À quinze ans, la voici déjà dotée de talents remarquables et multiples que son aspect physique met encore davantage en valeur : jolie brune piquante, avec « une taille et une tournure bien françaises » (Sainte-Beuve), ses yeux lancent des regards pleins de feu et de malice.

La Révolution ruine son père, qui lui arrange un mariage de convenance.

Avec ses cinquante mille livres de revenus, Gaspard Liottier représente un excellent parti pour Sophie de La Valette. Son futur mari compte une vingtaine d’années de plus qu’elle, mais il est riche ! Le mariage a lieu le 1er octobre 1791 : la jeune fille a quinze ans et trois mois…

De cette union, naîtront trois filles : Aglaé (1793), Euphémie (1795) et Emma-Sophie (1798).

Après la Révolution, vint le temps des folies : « Chacun semblait avoir obtenu un congé de la mort qu’il fallait employer le plus gaiement possible », écrit Sophie Liottier qui prend sa part de ces plaisirs, court les bals, suit les concerts et reçoit à son domicile les personnages les plus importants de la société du Directoire. Elle-même fréquente le salon de Mme Tallien, où se montrent notamment le général Bonaparte et Joséphine.

Mais cette vie mondaine fait dépenser beaucoup d’argent. Et Gaspard Liottier tient désormais serrés les cordons de la bourse… En 1799, le couple se sépare.

En 1803, Sophie épousera Jean-Sigismond Gay, receveur général des finances de l’ancien département de la Roer. Elle donne naissance à trois autres enfants : Delphine (1804), Izore (1805) et Edmond (1807), auxquels il convient d’ajouter Élisa, née en 1800 du premier mariage de Jean-Sigismond Gay.

L’entourage de l’impératrice Joséphine apprécie les qualités de Sophie : « Aussi belle que spirituelle, elle embellit notre cercle et l’anime par le charme de son esprit » (Baronne de Vaudey).

Une de ses amies disait d’elle : « Est-elle heureuse cette Mme Gay, elle fait tout bien : les enfants, les livres et les confitures » (rapporté par Théophile Gauthier).

Elle passe une grande partie de son temps dans les salons en vue. Elle-même en possède un, où elle recevra des célébrités de son temps ; parmi les plus connues : Benjamin Constant, les peintres Isabey, Vernet, Girodet et Gérard ; le comédien Talma ; le compositeur Meyerbeer ; mais aussi Paul-Louis Courier, Thiers, Chateaubriand, Lamartine, Alfred de Vigny, Balzac, Scribe, Eugène Sue, Alexandre Dumas, Victor Hugo…

Le 19 décembre 1822, son mari meurt subitement à Aix-le-Chapelle. Sophie Gay fait bravement face à la situation. Elle compte plus que jamais sur la littérature pour alimenter son budget. Ses romans et ses romances connaissent la vogue, mais ne lui permettent pas de se maintenir au niveau de l’existence parisienne qu’elle mène depuis des années, à son besoin de voir et d’être vue. La célébrité conquise du jour au lendemain par sa fille Delphine, jeune et belle poétesse, lui montre la voie : elle va réaliser pour et par sa fille tout ce qu’elle a rêvé de réaliser pour et par elle-même. Sophie Gay attire chez elle les gloires du romantisme. Elle utilise le nom qu’elle a déjà dans le monde des lettres, ses relations à l’Académie.

Quand Delphine épouse le journaliste Émile de Girardin, le 1er juin 1831, le couple vit d’abord huit mois de l’année à Villiers-sur-Orge et quatre à Paris. Mais, la fortune venue, il s’installe bientôt rue Saint-Georges, au gran dam de Sophie Gay. « Elle est accablée de douleur et pleure plus qu’elle ne parle. Delphine l’a quittée depuis cinq jours. Leurs destinées sont séparées, la voilà seule loin de cette gloire qui la consolait de toutes les siennes mourantes » (Marceline Desbordes-Valmore, novembre 1832).

Sophie Gay continue néanmoins à publier des ouvrages, deux pièces de théâtre et de nombreux articles, à diriger une troupe de théâtre amateur. Elle tient un des salons les plus intéressants de Paris. Balzac lui fait hommage de ses livres et lui en donne la primeur au cours de lectures en petit comité.

Mais l’astre de la fille éclipse celui de la mère.

Après 1840, Sophie Gay a gagné son procès consécutif à la vente de la Maison rouge. Ses livres se vendent. Sa situation pécuniaire paraît fort satisfaisante. Ne possédant plus Villiers, elle passe une bonne partie de l’année à Versailles, tout en conservant un pied-à-terre à Paris.

Mais les chagrins s’accumulent : sa fille adoptive, la comtesse Élisa O’Donnell, décède en août 1841 ; son fils Edmond meurt à son tour en mai 1842 ; et elle souffre toujours de vivre séparée de sa fille Delphine…

« On ne peut se sauver des douleurs de l’âme que dans le travail », écrit-elle.

Sophie Gay inaugure des crèches ; elle préside des fêtes de charité ; elle organise des matinées musicales, des messe en musique. Dans son salon, à Paris comme à Versailles, on chante, on dit des vers, on joue la comédie, on raconte des histoires, on joue aux cartes…

Et puis, vient le temps où tombent l’une après l’autre les femmes de sa génération, les « Merveilleuses » qui connurent les affres de la Terreur, la fête bruyante du Directoire et les gloires retentissantes de l’Empire : Mme Tallien, la reine Hortense, la peintre Vigée-Lebrun, Mme Récamier, la duchesse de Maillé, châtelaine de Longpont…

Elle-même mourra à Paris le 5 mars 1852 et sera enterrée au cimetière du Père-Lachaise.

OEUVRES DE SOPHIE GAY

Romans, nouvelles, essais :

Laure d’Estell (1802)

Léonie de Montbreuse (1813)

Anatole (1815)

Les malheurs d’un amant heureux, ou mémoires d’un jeune aide-de-camp de Napoléon Bonaparte, écrits par son valet de chambre (1823)

Théobald, épisode de la guerre de Russie (1828)

Le moqueur amoureux (1830)

Un mariage sous l’Empire (1832)

Physiologie du ridicule ou suite d’observations par une société de gens ridicules (1833)

Scènes du jeune âge (1834)

La duchesse de Châteauroux (1834)

Souvenirs d’une vieille femme (1834)

La comtesse d’Egmont (1836)

Salons célèbres (1837)

Marie de Mancini (1839)

Marie-Louise d’Orléans (1842)

Ellénore (1844-1846)

Le comte de Guiche (1845)

Le faux-frère (1846)

Le mari confident (1849)

Théâtre :

La Sérénade (1818). Arrangé par Sophie Gay. Musique de Sophie Gail. Opéra-comique en un acte

Le marquis de Pomenars (1819). Comédie en un acte et en prose

Le Maître de chapelle ou le Souper imprévu (1821) d’Alexandre Duval. Musique de Ferdinando Paër. Comédie en un acte et en prose arrangée pour l’Opéra-Comique par Sophie Gay

Une aventure du chevalier de Gramont (1822). Comédie en trois actes et en vers

Marie ou la pauvre fille (1824). Drame en trois actes et en prose

Le Chevalier de Canolle (1836). Opéra-comique en trois actes. Paroles de Sophie Gay. Musique de Hippolyte de Fontmichel

La duchesse de Châteauroux (1843). Drame en quatre actes

Poésies mises en musique :

Moeris (1817). Paroles et musique de Sophie Gay

Le Château de Frankenberg (s.d.). Musique de Sophie Gail

Collaboration à des périodiques :

Annales romantiques (les)

Causeries du monde

Chansonnier dédié aux Dames pour 1814

Constitutionnel (le)

Diamant (le)

Gazette des femmes (la)

Journal de Paris (le)

Livre des Cent-et-Un (le)

Mercure de France

Muse française (la)

Musée des Familles

Plutarque français (le)

Presse (la)

Revue encyclopédique

Voleur (le)

BIBLIOGRAPHIE

  • Paul Lafond, L’Aube romantique : Jules de Rességuier et ses amis, Chateaubriand – Émile Deschamps – Sophie Gay – Madame de Girardin – Victor Hugo – Lamartine – H.T. de Latouche – Sainte-Beuve – A. Soumet – Eugène Sue – Alfred de Vigny et autres, Paris, Mercure de France, 1910.
  • Henri Malo, Une muse et sa mère : Delphine Gay de Girardin, Paris, Émile-Paul Frères, 1924.
  • Henri Malo, La gloire du vicomte de Launay. Delphine Gay de Girardin, Paris, Émile-Paul Frères, 1925.
  • Jules Manecy, Une famille de Savoie : celle de Delphine Gay, Aix-les-Bains, E. Gérente, 1904.
  • Jules Marsan, La Muse française, 1823-1824, Paris, É. Cornély et Cie, 1907-1909.

ICONOGRAPHIE DE SOPHIE GAY

DELPHINE GAY (DELPHINE de GIRARDIN) (1804 – 1855) 

Le 5 du mois de pluviôse de l’an XII, soit le 25 janvier 1804, naquit à Aix-la-Chapelle Delphine-Gabrielle, fille de Sigismond Gay et de Marie-Françoise-Sophie Nichaut de la Valette (Sophie Gay, à qui fut consacré un article dans le bulletin municipal de février 2018).

À 12 ans, Delphine apprend par cœur Racine et Boileau, des poésies allemandes et italiennes.

Sa première inspiration poétique jaillit dans son âme à Villiers-sur-Orge, où se trouvait la maison de campagne de la famille Gay, la Maison rouge, achetée en 1813. Elle étudie la poésie et la prose, apprend le latin, documente sérieusement ses œuvres et, pour ce faire, accumule les notes historiques et archéologiques en vue de ses poèmes et de ses pièces de théâtre. Suivant le conseil de sa mère (« Ressemble aux autres par ta toilette, ne te distingue que par l’esprit »), Delphine conserve dans sa mise une extrême simplicité : nulle coquetterie chez elle. Très entière dans ses opinions et se passionnant pour les choses de l’esprit, elle fait montre aussi d’une assurance imperturbable.

Elle dit les vers et lit la prose avec art, intelligence et goût, d’une voix grave, bien timbrée qui émeut son auditoire.

En 1821, à 17 ans donc, elle se risque à participer à un concours de poésie de l’Académie française… et y remporte une mention honorable. Toute la presse retentit de son nom. Chateaubriand envoie ses félicitations : « Je sais pourquoi vous dites si bien les vers : vous parlez votre langue ».

Après le décès soudain de son mari, Sophie Gay se constitue le metteur en scène et le metteur en œuvre (« coach », dirait-on aujourd’hui…) du talent de sa fille, qui est entourée d’hommages respectueux, au point d’apparaître comme la Muse française, avec son casque et sa lyre. Elle-même se décernera le titre de Muse de la Patrie…

Pour Hyacinthe Thabaud de Latouche, elle est « la fée de Villiers »…

En 1824, Delphine Gay publie ses Essais poétiques ; et c’est la gloire pour cette jeune fille de vingt ans, au regard puissant et à l’intelligence profonde. « Au total, c’est une fort belle personne. Elle est grande, bien faite, ses cheveux blonds se marient bien avec l’éclat de son teint » (Étienne-Jean Delécluze). Avec ses Nouveaux Essais poétiques, recueil de poésies paru au début de l’année 1826, elle obtiendra du roi le versement d’une pension.

Delphine connaît le succès, elle est partout adulée, choyée et fêtée, et ce même en Italie, où elle rencontre souvent Alphonse de Lamartine ; mais elle n’est pas heureuse…

Il est acquis qu’elle aima Alfred de Vigny, mais la mère du poète refusa cette alliance :

Une fois, à l’amour mon cœur osa prétendre :

d’un bien commun à tous je rêvai la douceur

Mais celui que j’aimais ne voulut pas m’entendre…

Il semble qu’elle ait eu également des sentiments pour Lamartine, restés à l’état d’amours platoniques.

Elle finira par trouver l’âme sœur en la personne du journaliste Émile (de) Girardin qu’elle épouse le 1er juin 1831. Delphine a 27 ans. La cérémonie terminée, en dépit de la pluie qui tombe, le couple monte en voiture et file vers la Maison rouge. Huit jours après, Chateaubriand écrit à Mme Récamier ces quatre mots : « Delphine mariée : ô Muses ! ».

Émile continue de créer des journaux, avec succès. « Delphine, Émile et son journal vont très bien. Ils viennent d’acheter voiture, chevaux, maison » (Sophie Allart).

En mars 1833, elle tombe malade de la variole. Par chance, la maladie ne laisse pas de traces.

N’avoir pas d’enfant est pour Delphine une douleur d’autant plus lancinante que son mari ne cherchait dans le mariage pas seulement une femme, mais aussi un fils…

Elle finira par adopter avec générosité l’enfant que son mari eut d’une maîtresse.

Delphine de Girardin se montre curieuse de toute manifestation intellectuelle et tient le salon littéraire le plus recherché, parce qu’il n’accueille que l’élite : Mme Récamier, Balzac, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Alfred de Musset, Lamartine, Théophile Gautier, Eugène Sue, Prosper Mérimée, Delacroix, George Sand, Michelet, Sainte-Beuve, Rossini, Horace Vernet, Rachel, Chopin, Liszt, Saint-Saens sont du nombre…

La Muse ajoute une corde à sa lyre, et la prose à la poésie : elle écrit des contes, des romans, des pièces de théâtre.

Après la parution de la Canne de Monsieur de Balzac, l’écrivain est touché : « Vous êtes au moins aussi forte en prose qu’en poésie, ce qui, dans notre époque, n’a été donné qu’à Victor Hugo. Profitez de vos avantages. Faites un grand, un beau livre ». Ce livre, Delphine ne l’écrira pas, mais elle fera mieux.

Le 1er juin 1836, Émile de Girardin publie le premier numéro de la Presse, organe qui révolutionne le monde des journaux, de par sa valeur littéraire et la modicité de son prix. Delphine s’associe étroitement à la carrière et aux travaux de son mari et va jouer dans la Presse un rôle important et actif. Elle y publie le jeudi 29 septembre 1836 son premier Courrier de Paris, qu’elle signe : le vicomte Charles de Launay. Le succès est foudroyant ! On peut dire qu’elle a créé la « chronique », dans la lignée de Madame de Sévigné. Pas une manifestation de la vie intellectuelle ou mondaine de son temps ne lui échappe. Le tout écrit dans un style limpide et concis. Elle est consciente de son apport : « Nous découvrons avec tristesse cette affreuse vérité : c’est que de tous nos ouvrages écrits avec soin, avec prétention, le seul qui ait quelque chance de nous survivre est précisément celui dont nous faisons le moins cas ».

Pendant douze ans (1836 – 1848), Delphine de Girardin rédigea cette éblouissante chronique (elle, se déclare « feuilletoniste »). D’aucuns voulurent l’imiter, mais elle resta inégalée.

Le fait est que l’ensemble de ses textes furent rapidement publiés sous le titre Lettres parisiennes, ce qui en consacrait la valeur littéraire, documentaire et historique.

Madame Émile de Girardin, comme on la nommait aussi, écrivit pour le théâtre et signa les tragédies Judith (1843) et Cléopâtre (1847), toutes deux portées par le talent de la comédienne Rachel. « Concevoir et exécuter une œuvre de cette importance est un triomphe pour une femme » (Madame Tastu).

Il semble que dans les années 1843-1844 Balzac ait communiqué à Madame de Girardin le goût des choses de l’au-delà. En 1853, les tables tournantes connaissent une grande vogue dans les salons parisiens. Delphine se passionne pour ce nouveau jeu et, lors d’un séjour à Jersey, où vit exilé Victor Hugo, elle initie le poète à faire parler les tables.

Ses trois dernières pièces sont des succès : Lady Tartuffe (1853), La Joie fait peur (février 1854) et Le Chapeau d’un horloger (décembre 1854).

Souffrant d’un cancer de l’estomac, elle s’éteint le 29 juin 1855.

Cette femme à qui Victor Hugo et Balzac remettaient leurs œuvres avant de les livrer au public, à qui Lamartine et Théophile Gautier disaient leurs vers avant de les porter à l’imprimeur, qui inspira des poèmes à Alfred de Vigny, a de ce seul fait sa place marquée dans l’histoire de la littérature française. Elle fut en outre une femme de lettres renommée à son époque et une pionnière du journalisme.

Un lycée professionnel de Bourganeuf (Creuse) porte son nom.

À quand, aussi, une rue à Villiers-sur-Orge ?

OEUVRES DE DELPHINE GAY

Poésies, romans, nouvelles :

Sous le nom de Delphine Gay :

Le dévouement des médecins français et des soeurs de Sainte-Camille pendant la peste de Barcelone (1824)

Essais poétiques (1824)

Hymne à Sainte-Geneviève (1825)

La vision, trente mai 1825 (1825)

La quête au profit des Grecs (1825)

Stances sur la mort du général Foy, dans Pensées du général Foy (1826)

Elgise, poème en quatre récits (mentionné par d’Heilly)

Nouveaux essais poétiques (1826)

Le Dernier jour de Pompéi, poème suivi de poésies diverses (1828)

Le retour (1828)

Le Serment, hommage aux trois écoles, dans Le Momus de la Liberté (1830)

Sous le nom de Mme de Girardin :

Contes d’une vieille fille à ses neveux (1831)

Le Lorgnon (1832)

Qu’on est heureux d’être curé (1833)

Napoline, poème suivi de poésies diverses (1834)

Le marquis de Pontanges (1835)

Aux jeunes filles (1835)

A noite do castello e os Ciumes do bardo, poèmes suivis de Confessao da Amelia (1836)

La Canne de M. de Balzac (1836)

Lettres parisiennes (années 1836-1839) (1843)

Le vicomte de Launay. Correspondance parisienne (suite du précédent) (1853)

La Croix de Berny (1836)

Marguerite ou deux amours (1852)

Il ne faut pas jouer avec la douleur (1855)

Théâtre :

L’École des Journalistes (1839)

Judith (1843)

Cléopâtre (1847)

C’est la faute du mari (1851)

Lady Tartuffe (1853)

La Joie fait peur (1854)

Le Chapeau d’un horloger (1854)

Une femme qui déteste son mari (1856)

Poésies mises en musique :

Tu ne saurais m’oublier (1826), plusieurs versions

La Pèlerine (1828)

Le Pêcheur de Sorrente (1829)

Son coeur saura bien me comprendre (avant 1831)

La jeune mendiante (1828)

Léon (1831)

Mathilde (1836)

L’Étranger (sans date), plusieurs versions

À qui pense-t-il ? (sans date)

Le Petit frère aux cieux (sans date)

Je suis la marguerite (sans date)

La Nuit (sans date)

Collaboration à des périodiques :

Annales romantiques

Causeries du monde

Diable à Paris (le)

Figaro

Français

Gazette des Étrangers

Gazette des Femmes

Journal des Débats

Keepsake français

Mercure

Moniteur

Musée des Familles

Paris-Magazine

Presse

Revue de Paris

Voleur

BIBLIOGRAPHIE

  • Jeanne Alleman, Mme Émile de Girardin, Paris, Plon-Nourrit et Cie., 1913.
  • François Bondy, Une femme d’esprit en 1830, Madame de Girardin, Paris, Hachette, 1928.
  • Andrea Del Lungo, « Aux racines de la distinction. Une lecture sociologique de l’œuvre narrative de Delphine de Girardin », Andrea Del Lungo et Brigitte Louichon, La Littérature en bas-bleus. Romancières sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, Paris, Classiques Garnier, 2010, p. 295-315.
  • Alison Finch, Women’s writing in nineteenth-century France, Cambridge, UK ; New York, NY, Cambridge University Press, 2000.
  • Théophile Gautier, Portraits et souvenirs littéraires, Paris, E. Fasquelle, 1875.
  • Claudine Giacchetti, Delphine de Girardin, la muse de Juillet, Paris, L’Harmattan, .
  • Georges d’Heilly, Madame E. de Girardin (Delphine Gay) sa vie et ses œuvres, Paris, Bachelin-Deflorenne, 1869.
  • (en) Joyce Ann Carlton Johnston, Laughing fit to kill : aspects of wit in the works of Delphine Gay de Girardin, Thèse, 2001.
  • Paul Lafond, L’Aube romantique : Jules de Rességuier et ses amis, Chateaubriand – Émile Deschamps – Sophie Gay – Madame de Girardin – Victor Hugo – Lamartine – H.T. de Latouche – Sainte-Beuve – A. Soumet – Eugène Sue – Alfred de Vigny et autres, Paris, Mercure de France, 1910.
  • Alphonse de Lamartine, Portraits et salons romantiques, Paris, Le Goupy, 1927.
  • Madeleine Lassère, Delphine de Girardin : journaliste et femme de lettres au temps du romantisme, Paris, Perrin, 2003 (ISBN 978-2-2620-1885-6).
  • Henri Malo, Une muse et sa mère : Delphine Gay de Girardin, Paris, Émile-Paul Frères, 1924.
  • Henri Malo, La Gloire du vicomte de Launay, Delphine Gay de Girardin, Paris, Émile-Paul frères, 1925.
  • Henri Malo, Une muse et sa mère : Delphine Gay de Girardin
  • Jules Manecy, Une famille de Savoie : celle de Delphine Gay, Aix-les-Bains, E. Gérente, 1904.
  • Jules Marsan, La Muse française, 1823-1824, Paris, É. Cornély et Cie, 1907-1909.
  • Eugène de Mirecourt, Les contemporains; portraits et silhouettes au XIXe siècle, Paris, Librairie des contemporains, 1854-1870.
  • Eugène de Mirecourt, Mme de Girardin (Delphine Gay), Paris, G. Havard, 1855.
  • Michèle Perret, « Norme, surnorme et création néologique chez une Parisienne du début du XIXe siècle », Le Changement linguistique en français, aspects socio-historiques : études en hommage au professeur R. Anthony Lodge, T. Pooley et D. Lagorgette éds, P. U. Savoie, 2014 : p. 175-181.
  • Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand, Alphonse de Lamartine, François-René de Chateaubriand, Madame de Girardin, Paris, E. Dentu, 1888.
  • Léon Séché, La Jeunesse de Delphine Gay, Paris, [s.n.], 1900.
  • Léon Séché, Muses romantiques : Delphine Gay, Mme de Girardin, dans ses rapports avec Lamartine, Victor Hugo, Balzac, Rachel, Jules Sandeau, Dumas, Eugène Sue et George Sand, Paris, Mercure de France, 1910.
  • Marie Vaudouer, Œuvres choisies de Madame de Girardin, avec notices biographiques et commentaires, Paris, Alcide Picard, non daté [1911], 323 p. & 40 illustrations d’après les documents d’époque.

ICONOGRAPHIE DE DELPHINE GAY

 

Joseph Ignace GUILLOTIN (1738 – 1814)

Fils d’un avocat, Joseph Ignace Guillotin est né à Saintes le 28 mai 1738. Après sept années d’études théologiques chez les Jésuites, il se tourne vers la médecine. Il est reçu docteur régent en 1770 et enseigne l’anatomie, la physiologie et la pathologie à la Faculté de médecine de Paris (de 1778 à 1783), en même temps qu’il exerce en cabinet. Il fréquente les loges maçonniques.

Par relation, Guillotin devient pendant un an le médecin attitré du frère du roi, le comte de Provence, futur Louis XVIII.

Le 14 juillet 1787, à 49 ans, il épouse Marie Louise Saugrain, dite aussi Élise Saugrain, qui pratique la gravure.

En 1788, les notables réclament et obtiennent la convocation des États généraux du royaume de France. Joseph Ignace Guillotin est élu, le 15 mai 1789, dixième député du Tiers de la vicomté et généralité de Paris.

L’Assemblée se réunit à l’hôtel des Menus Plaisirs, à Versailles. La noblesse ne veut pas d’une réunion des trois ordres et supplie le roi de casser le décret par lequel le Tiers-État s’est proclamé Assemblée nationale. Le 20 juin Louis XVI ordonne la fermeture de la salle des Menus Plaisirs. Les députés qui se présentent sont contraints de se retirer. Guillotin propose de s’établir dans la salle du Jeu de Paume, où sera prêté le célèbre serment qui constitue une véritable révolution juridique. Louis XVI choisit de recourir à l’emploi des armes. Le 9 juillet, l’Assemblée par la voix de Mirabeau demande au roi le rappel de ses troupes. Devant son refus, Paris se met en état d’insurrection. Le conflit s’achève le 14 juillet.

Le 4 août 1789, Guillotin est nommé secrétaire du dix-septième Bureau. La nuit suivante, il prend part au vote de l’Assemblée qui abolit les privilèges et rachète les droits féodaux.

Une des questions d’actualité débattue fut celle de la peine de mort. Soucieux des problèmes que pose la peine capitale, Joseph Ignace Guillotin prononce à l’Assemblée nationale, le 1er décembre 1789, un discours sur le Code pénal. Après avoir rappelé les décrets sur les droits de l’homme, il démontre la nécessité de réformer ce code : « La loi, dit-il, soit qu’elle punisse, soit qu’elle protège, doit être égale pour tous les citoyens, sans aucune exception. » Il propose comme articles : « Les délits du même genre seront punis du même genre de supplice, quels que soient le rang et l’état du coupable ; dans tous les cas où la loi prononcera la peine de mort, le supplice sera le même (décapitation), et l’exécution se fera par un simple mécanisme. »

Son but est de rendre les mises à mort de criminels moins barbares en écourtant autant que possible leur souffrance. Mais l’Assemblée tergiverse et ce n’est que dans la séance du 3 juin 1791, sur le rapport de Louis-Michel Le Pelletier de Saint-Fargeau, qu’est voté l’article 3 du Code pénal : « Tout condamné (à mort) aura la tête tranchée ».

Le « grand rasoir national » est né, d’un côté des réflexions politiques, philosophiques et humanitaires de Joseph Ignace Guillotin, et de l’autre des réflexions anatomiques et techniques d’Antoine Louis, secrétaire de l’Académie de chirurgie et de médecine de sa Majesté.

La guillotine n’est pas une invention de la Révolution. En effet, c’est en s’inspirant de gravures de machines anciennes déjà utilisées dans d’autres pays dès le XIIe siècle qu’Antoine Louis, aidé de Guillotin, conçoit une machine placée sur un échafaud. Même s’il a contribué à en esquisser le premier croquis, Guillotin reste étranger à la construction proprement dite de cette machine. Or, comble de malheur pour cet homme plein de compassion, l’imaginaire collectif donne à cet instrument de mort le nom de « guillotine », qu’il ne cessera d’appeler « la tache involontaire de ma vie ».

C’est ce qui fera dire à Victor Hugo : « Il y a des hommes malheureux. Christophe Colomb ne peut attacher son nom à sa découverte ; Guillotin ne peut détacher le sien de son invention ».

Poursuivant ses recherches en médecine, Guillotin siège au Comité de mendicité puis au Comité de salubrité, au Comité central de vaccine et à la Société pour l’extinction de la petite vérole. Il s’attache, dès 1799, à propager la pratique de la vaccination contre la variole.

En 1803, il parvient à faire voter une loi sur l’exercice de la médecine.

Sous le Consulat, il est en charge d’installer le premier programme cohérent de santé publique en France. Il est également nommé médecin-chef de l’hôpital Saint-Vaast d’Arras.

Avec des confrères parisiens réunis le 27 septembre 1804, ils fondent la Société des premiers médecins de Paris, qui deviendra l’Académie de médecine de Paris.

Érudit et cultivé, Joseph Ignace Guillotin fréquente les cercles et côtoie des savants comme Franklin, Lavoisier, Bailly, Buffon ou Lacépède, ou des écrivains comme Condorcet ou Voltaire.

Espérant obtenir un peu de tranquillité de cœur et d’esprit dans l’existence paisible de la campagne, il fait l’acquisition d’un domaine situé à Villers-sur-Orge, ainsi qu’il appert d’un contrat, passé devant Me Noël, notaire à Paris, le 19 octobre 1808. Il conservera cette propriété jusqu’à sa mort. .

Après une longue période de surmenage, Joseph Antoine Guillotin meurt d’un anthrax à l’épaule gauche à Paris le 26 mars 1814. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise, d’où sa tombe a depuis disparu.

L’inventaire de ses biens après décès donne à comprendre que la maison de Villiers-sur-Orge était bâtie sur le terrain de l’actuelle mairie. Elle comportait un rez-de-chaussée et deux étages, avec plusieurs pièces, une mansarde et deux greniers. Le domaine comprenait en outre une grange, un cellier, une remise, une laiterie, une serre et un jardin, le tout sur une superficie d’environ 5 hectares 78 ares 26 centiares.

À notre connaissance, seule la ville de Saintes, où il est né, a jugé bon, à ce jour, de donner le nom du « bon docteur » Guillotin à l’une de ses rues. Par contre, il existe en France plusieurs rues « de la guillotine »…

ICONOGRAPHIE DE JOSEPH IGNACE GUILLOTIN

Alexandre-Balthazar-Laurent GRIMOD de LA REYNIÈRE (1758 – 1837)

Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de La Reynière naquit à Paris le 20 novembre 1758, avec une malformation congénitale qui fit que sa main gauche ressemblait à une serre d’oiseau de proie et la droite à une pince. Au motif que ce petit « monstre » ne survivrait pas, ce sont deux domestiques qui à son baptême servirent de parrain et de marraine.

Son père était fermier général (sorte de financier collecteur d’impôts) ; sa mère, une noble sans fortune ; leur mariage fut de raison. Sa mère se complaisait dans les mondanités et les infidélités ; son père se consolait de ses déboires conjugaux en jouant les mécènes et en s’occupant de ses dîners. « C’est un homme nul, incapable d’agir par lui-même » dira de lui son fils. Cet enfant infirme et mal-aimé était tenu éloigné de ses familiers. Quand il eut onze ans, on le mit en pension. Son précepteur était un homme brutal, joueur et ivrogne. À l’été 1775, une fois terminées ses classes de philosophie, ses parents s’empressent de le faire voyager. Il connut précocement deux déconvenues sentimentales qui le marqueront durablement. Dès 1779, Alexandre Grimod se proclamera « célibataire », pseudonyme dont il signera ses premiers écrits.

Des études de droit le menèrent à la carrière d’avocat, un avocat peu ordinaire, semble-t-il, puisque ayant surtout pour clients de pauvres gens, il traitait leur cause gratuitement.

Pour avoir écrit un pamphlet cinglant tournant en dérision la justice et son fonctionnement, notre excentrique avocat se mit dans un très mauvais pas. Pour l’en sortir, sa famille décida de l’éloigner de Paris et de l’enfermer dans l’abbaye de Domèvre, près de Nancy, où il resta exilé durant deux ans. C’était ça ou la maison de fous !

On lui accorda la liberté en mai 1788, mais en l’obligeant à nouveau à voyager.

Il se rend en Suisse, en Provence, en Allemagne, avant de s’installer à Lyon où il fait la connaissance d’une comédienne de vingt-quatre ans, Adelaïde-Thérèse Feuchère, qu’il n’épousa que vingt-trois ans plus tard et qui partagea sa vie jusqu’à sa mort.

Ne pouvant exercer ses talents d’avocat, Grimod se fait négociant, mais termine criblé de dettes. En juillet 1790, il part à Béziers saluer sa tante, la comtesse de Beausset, qui ne sait que faire pour satisfaire le goût de son neveu pour la bonne chère. Il écrit à Adelaïde : « Il faut aller ici d’indigestion en indigestion ». Les soupers sont fins et très abondants : « On ne reste pas assez longtemps à table. Il faudrait trois heures pour goûter à fond et raisonner lentement tous les succulents morceaux de ce dîner ».

Malgré la naissance d’une fille, surnommée Mlle Fafa, qui placée en nourrice mourra trois ans plus tard, notre bon vivant passe de longues périodes loin de son foyer.

De sa retraite de Béziers, Alexandre Grimod ne semble pas prendre la mesure de la gravité des événements en cours. Ou peut-être ne veut-il pas s’exposer. Il ne sort de son apparente indifférence que pour écrire : « La viande vaut 20 sous, le salé 50. Il n’y aura bientôt plus moyen d’y tenir ». Les plaisirs de la table constituent toujours sa priorité…

Voici comment il décrit les années révolutionnaires : « Si le règne des Vandales eût duré plus longtemps on aurait perdu jusqu’à la recette des fricassées de poulets ! ».

Au décès de son père, début 1794, de nombreux créanciers se manifestent. Sa mère lui est substituée dans tous ses droits d’héritier. Grimod retombe en tutelle et y restera jusqu’en 1815 !

Sa seule distraction est le théâtre. En 1797, il lance le premier numéro du Censeur dramatique, où il promet de faire un compte rendu fidèle des pièces jouées dans les principaux théâtres de Paris. Ses critiques, souvent féroces, n’épargnent quasiment personne et lui valent beaucoup d’inimitiés, telle celle du comédien Talma. Jugé trop mordant, ce journal finira par être supprimé par le Directoire après la parution de son trente et unième numéro. Alexandre n’en abandonne pas pour autant le journalisme et, en 1802, il se propose d’offrir aux amateurs de bonne cuisine un guide sûr pour faire la meilleure chère à Paris : l’Almanach des gourmands. Le succès est immédiat et entraîne rapidement la mise en place d’un Jury dégustateur. Les séances se tenaient le mardi. Les dégustateurs faisaient l’objet d’une sélection sévère. Des règles strictes présidaient à la disposition des plats et à leur nombre. Les séances commençaient à sept heures du soir avec obligation de rester cinq heures à table ! Les convives jugeaient les mets servis. Être cité avec éloges dans l’Almanach des gourmands (l’ancêtre du Guide Michelin) devint une des préoccupations majeures du commerce de bouche parisien.

Vu le succès rencontré par cette publication annuelle, Alexandre Grimod décida de créer un mensuel destiné aux gourmets : ainsi parut, en janvier 1806, le premier numéro du Journal des Gourmands et des Belles.

Le 26 mai 1812, il réunit pour une dernière séance parisienne (la 465e !) le Jury dégustateur, dont on dit que le dîner fut le plus brillant de tous.

Le 6 juin, en dépit du refus de sa mère (!), Grimod de la Reynière, qui a 54 ans, épouse enfin Adelaïde-Thérèse Feuchère. Une semaine après, le couple achète la Seigneurie, un petit château sis à Villiers-sur-Orge, avec sa ferme, vacherie, laiterie, porcherie, écuries et remises, son verger et ses vignes. Malgré ce mariage, Adelaïde continuera d’habiter à Paris l’appartement que possède Grimod dans l’hôtel familial. Lui, vivra la plupart du temps seul, dans son château. Il pêche, ramasse des champignons, s’occupe de son courrier et lit énormément. Il siège durant deux mandats au conseil municipal de Villiers-sur-Orge. Il a pour voisine Sophie Gay, qui habite la Maison Rouge.

Alexandre Grimod était un personnage facétieux. Il aurait fait croire à son trépas et à ses obsèques, le mardi 7 juillet 1812, avec envoi de faire-part, corbillard et bière drappée de noir, avant d’apparaître bien vivant : « Je sais qu’aujourd’hui je vais dîner avec de vrais amis » ! La véracité de cette anecdote n’a pas été prouvée, pas plus que ne l’ont été les

supposées chausse-trappes disposées dans son château pour déconcerter les visiteurs. Rien de tout cela ne sera découvert lors de l’inventaire de la Seigneurie établi après le décès de Grimod.

Dans la matinée de Noël 1837, notre critique gastronomique aurait demandé un verre d’eau. Ses domestiques l’entendirent dire : « Au moment de paraître devant Dieu, je veux me reconcilier avec mon plus mortel ennemi ! ». Il but, soupira et s’éteignit…

Malgré son imposante contribution à l’art culinaire, la postérité n’a malheureusement pas accordé à Grimod de la Reynière la place qu’il mériterait d’occuper aux côtés de Brillat-Savarin, beaucoup plus connu que lui. Celui-ci n’eut d’ailleurs pas la délicatesse de citer une seule fois le nom d’Alexandre dans sa Physiologie du goût, bien que s’inspirant souvent de ses Almanachs…

OEUVRES D’ALEXANDRE GRIMOD DE LA REYNIÈRE

« À table, il ne faut pas craindre le nombre treize que s’il n’y a à manger que pour douze … »

Le Fakir, conte en vers (Constantinople, 1780)

Réflexions philosophiques sur le plaisir, par un célibataire (Neuchâtel et Paris, 1783-1784)

Lorgnette philosophique, trouvée par un R.P. Capucin sous les Arcades du Palais Royal, et présentée au Public par un célibataire (Londres et Paris, 1785)

Mémoire à consulter et Consultation (Paris, 1786)

Peu de chose (Neuchâtel, 1788)

Tableau de Lyon en 1786 (lettre)

Le songe d’Athalie, suivi du Désaveu du songe d’Athalie et du véritable désaveu (Berne, 1788)

Les Miniatures, ou Recherches sur les trois grands spectacles (Paris ?, 1790)

Copie d’une lettre de M. Grimod de La Reynière (…) à Mme Desroys (Lyon, 1791)

Lettre d’un voyageur à son ami ou Réflexions philosophiques sur la ville de Marseille(Genève, 1792)

Avantages de la bonne chère sur les femmes

Moins que rien, suite de Peu de chose (Lausanne, 1793)

Le censeur dramatique ou Journal des principaux théâtres de Paris… (Paris, 1797-1798)

À Mademoiselle Joséphine Mézeray (Paris, 1797)

L’alambic littéraire (Paris, 1803) (tome 1)

L’alambic littéraire (tome 2)

Visions d’un bon homme. Première vision (Paris, 1803) (oeuvre attribuée à Grimod de La Reynière)

Almanach des Gourmands (Paris 1803-1812)

Manuel des amphitryons (Paris, 1808)

Revue des comédiens… (Tome 1) (Paris, 1808) ; Tome 2

Collaborations journalistiques :

Le Journal des Théâtres (1776-1778)

Le Journal de Neuchâtel (1781-1782)

Correspondance secrète de Neuwied (1787)

Affiches de Metz (1787)

Feuilles d’annonces gratuites ou Journal des Spectacles (1798)

Les Petites Affiches (1800-1806)

Le Parisien (1801)

Le Journal des Gourmands et des Belles (Paris, 1806-1807)

L’Épicurien français (Paris, 1808-1815)

Journal de l’Empire (1814)

Le Gastronome français ou l’art de bien vivre (Paris, 1828)

BIOGRAPHIES

Édouard-Marie Oettinger : Un agathopède de l’Empire (Bruxelles et Leipzig, 1854)

Revue française (Paris, 1857)

Charles Monselet : Les Oubliés et les Dédaignés. Figures littéraires de la fin du 18e siècle) (tome 2 ; Alençon, 1857)

Alexandre Dumas : Ingénue  (tome 1) (Paris, 1860). Alexandre Grimod apparaît étrangement dans ce texte parmi d’illustres révolutionnaires, alors qu’il se tint en réalité très éloigné de ses événements. Alexandre Dumas semble faire des confusions entre Alexandre et son père Laurent, qui lui était bien fermier général.

Charles Monselet : Les originaux du siècle dernier – les oubliés et les dédaignés – (Paris, 1864)

Charles Monselet : Monsieur le Duc s’amuse (Paris, 1861). Alexandre Grimod est l’un des personnages du récit

Lorédan Larchey : Gens singuliers (Paris, 1867)

Léon de Fos : Gastronomiana. Proverbes – Aphorismes – Préceptes  et Anecdotes en vers (Paris, 1870)

Charles Monselet : Gastronomie : récits de table (Paris, 1874)

P.-L. Jacob : Mystificateurs et mystifiés. Histoires comiques (Paris, 1875)

Gustave Desnoiresterres : Grimod de La Reynière et son groupe d’après des documents entièrement inédits (Paris, 1877)

Pierre Béarn : Grimod de La Reynière (Gallimard, 1930)

Ned Rival : Grimod de La Reynière. Le Gourmand Gentilhomme (Le Pré aux Clercs, 1983)

Diego Huberman : El fiscal del gusto. La historia de Grimod de La Reynière, el primer crítico gastronómico (Olmo, 2016)

Régis Confavreux : Grimod de La Reynière. Itinéraires d’un homme libre (Paris, 2017)

Chikako Hashimoto : La naissance du Gourmand. Grimod de La Reynière et la Révolution française (Tours, 2019)

C. Julien : Alexandre Balthazar Grimod de La Reynière (citoyen de Villiers-sur-Orge)

ICONOGRAPHIE

 

JEAN-BAPTISTE HUET (1745 – 1811)

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Domaine sis à l’emplacement de la résidence du Parc

 

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Appartenant à une importante lignée de peintres, Jean-Baptiste-Marie Huet naquit au Louvre le 15 octobre 1745. Son père, Nicolas, y logeait en sa qualité de peintre du Garde-Meuble du roi.

De son enfance et de sa jeunesse on ne sait pratiquement rien, si ce n’est qu’il était fils unique et que son instruction semble avoir été négligée, à en juger par son orthographe déplorable.

En revanche, il reçut une bonne éducation bourgeoise, qui fit de lui un bon époux, un bon père et un bon ami. Il fut très jeune membre de l’Académie royale.

Jean-Baptiste Huet est essentiellement connu comme peintre animalier. Il eut en effet la passion, presque le culte, des animaux domestiques, qu’il a traités avec un réalisme absolument moderne pour son époque.

Ce sont son chien et les vaches, chèvres et moutons de sa ferme de Villiers-sur-Orge qu’il représente dans ses dessins, donnant d’eux de vivants portraits.

Dans les années 1780, Huet a la vogue. Il travaille pour des particuliers, ses œuvres sont demandées et très bien payées.

La peinture à l’huile, le dessin à plusieurs crayons, la gouache, l’aquarelle, le pastel même, tous ces procédés lui étaient familiers. Comme graveur, il faut aussi le mettre aux côtés des meilleurs de son temps.

La plupart de ses œuvres, jusqu’à 1776, furent gravées par son ami Gilles Demarteau.

De très bonne heure, Jean-Baptiste a publié des suites de sujets destinées à l’enseignement du dessin.

Il fit également un très grand nombre de dessins pour l’industrie. Oberkampf, dont la fabrique de toiles peintes, établie à Jouy, avait alors une renommée internationale, lui demanda des motifs pour ses indiennes. Il a fait jusqu’à des dessins de mode qui ont été reproduits plus tard par la lithographie. Il illustra par ailleurs plusieurs ouvrages.

Lors de la levée en masse, en 1792, ses trois fils obtinrent de leur père la permission de prendre les armes pour la défense du pays et s’enrôlèrent dans le 1er bataillon des volontaires de Seine-et-Oise.

Ils firent vaillamment leur devoir et furent nommés officiers. Ils se trouvèrent à Jemmapes.

Ils revinrent ensuite auprès de leur père continuer leurs études artistiques.

Celui-ci, ves 1800, fit l’acquisition d’une importante propriété à Villiers-sur-Orge*, qui comprenait une maison d’habitation, une ferme et des terres assez étendues. Il y avait dans cette maison une salle de bains qu’il décora entièrement de sa main. Il possédait également une maison de campagne à Sèvres, et c’est le chien que l’on voit dans ses compositions qui portait des messages d’une maison à l’autre, dans son collier…

La maison de Villiers fut vendue en 1807 au général Barrois, mais la famille conserva néanmoins une partie des terres.

Jean-Baptiste-Marie Huet mourut à Paris le 27 août 1811.

Il faudra attendre l’année 2016 pour qu’une exposition importante soit consacrée à son œuvre.

Il eut, de sa première femme, trois fils qui furent artistes comme lui.

L’aîné, Nicolas, vint au monde au Louvre en 1770.

Il fut nommé dessinateur au Muséum en 1804, où il était principalement chargé des dessins d’insectes. Il en réalisa également de quadrupèdes et d’oiseaux et on lui confia l’exécution d’un grand nombre de dessin d’anatomie. Il fit sur velin plus de deux cents aquarelles qui furent parmi les plus estimées de la collection du Muséum. Comme son père, il envoya des dessins ou aquarelles à différents Salons.

En 1822, il fut chargé du cours d’iconographie du Muséum.

Il mourut le 26 décembre 1830 sans laisser d’enfants.

« …On pourrait dire de lui ce qu’on disait du bon La Fontaine, qu’il savait faire parler les bêtes, tant il y avait dans sa touche et dans son coloris d’expression et de vérité. Huet père avait un beau talent ; Huet fils ne lui a pas été inférieur… » (Dubois de Montignon).

François (Villiers) Huet, deuxième des trois frères, naquit au Louvre le 12 janvier 1772. Il prit le surnom de Villiers du village où il avait été en nourrice, et où son père acquit plus tard une propriété.

Il étudia le dessin et la peinture avec son père. À son retour de la guerre, il se fit connaître comme miniaturiste. Passé en Angleterre, il y obtint beaucoup de succès et devint le peintre du duc d’York et de Louis XVIII. Il publia des cahiers d’animaux et de paysages.

Mort à Londres, sans enfants, le 28 juillet 1813, il fut enterré à Westminster.

Le troisième fils, Jean-Baptiste, vint au monde au Louvre le 29 décembre 1772, soit onze mois après son frère François. Blessé à la levée du siège de Maubeuge, il dut subir l’amputation du bras droit. Il a gravé de la main gauche, au pointillé, une partie des ouvrages de son père et aussi des animaux dessinés par son frère Nicolas. Quand il abandonna la gravure, il se retira à Villiers-sur-Orge. Il mourut en 1852, laissant un fils, Constant.

*cette propriété se trouvait à l’emplacement de l’actuelle résidence du Parc.

BIBLIOGRAPHIE

  • Ludovic Demathieu, « Les Œuvres de Jean-Baptiste Huet (1795-1799) : un recueil d’estampes méconnu », Les Cahiers d’histoire de l’art, 2008, no 6, p. 104-111.
  • Laure Hug, « Recherches sur la biographie du peintre Jean-Baptiste Huet (1745-1811) », Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art français, 1998 (1999), p. 159-173.
  • Madeleine Jarry, « Esquisses et maquettes de tapisseries du XVIIIe siècle, pour les manufactures royales (Gobelins et Beauvais) », Gazette des Beaux-Arts, 1969, no 73, p. 111 sqq.
  • La toile de Jouy. Dessins et cartons de Jean-Baptiste Huet, Musée de l’impression sur étoffes, Mulhouse, s.d. (vers 1970),
  • Benjamin Couilleaux, Jean-Baptiste Huet, Le plaisir de la nature, catalogue exposition Paris, musée Cognac-Jay, 2016.
  • C. Gabillot, « Les Hüet Jean-Baptiste et ses trois fils », 1892, Librairie de l’art ‘L. Allison & Cie’

ICONOGRAPHIE

 

 

 

 

 

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Pierre Barrois

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Henry Gauthier-Villars, par Giovanni Boldoni